Fluctus

Nouveau né parmi les nuages officiellement reconnus, le Fluctus a été ajouté en 2017 à l’Atlas International des Nuages alors qu’il avait été amendé pour la dernière fois en 1987.

Effectivement l’atmosphère ne change que très peu son comportement. Par contre notre regard sur certaines choses évolue, et certains phénomènes sont plus fréquemment visibles qu’avant. Le développement marqué du transport aérien et la présence massive d’appareils photos dans les avions ont notamment participé à recenser plus régulièrement ce type de nuage. Le voici donc baptisé et classifié parmi les autres.

Altocumulus Fluctus

L’origine du phénomène se conçoit assez simplement. Il est lié à une différence de vitesses de vents entre deux couches atmosphériques en contact.

Je ne l’observe pas très souvent, et il est assez éphémère en général. Quelques minutes environ. J’étais donc plutôt content d’ immortaliser celui-ci, qui plus est avec une lumière de fin de journée.

Des vagues en l’air

Nuage d'onde orographiqueL’atmosphère, quelquefois, se fait rattraper par des envies d’océan enfouies dans son subconscient. Alors notre air protecteur se met à créer d’invisibles vagues.

Cette onde, il la crée en s’aidant de chaines montagneuses qu’il souffle avec un vent perpendiculaire à leurs lignes de crêtes. Percutant cet obstacle terrestre, l’air en mouvement se retrouve ensuite à décrire des vagues aériennes, nous rappelant qu’il est avant tout un fluide.
Cette frénésie d’ascensions et de descentes successives demeurent parfois invisibles à l’œil humain, et peuvent ainsi occasionner quelque risque aéronautique. Le phénomène, quelquefois très puissant comme à l’Est de la cordillère des Andes par un vent de l’Ouest, est en effet capable de générer de sévères turbulences. A l’opposé, il peut ravir quelques vélivoles tentés par des ascensions hors du commun à l’aide de cette onde orographique.
Mais si les conditions le permettent, les vagues se matérialisent en leurs sommets et en leurs creux. C’est ici un creux qui se révèle sous forme d’un rotor nuageux, après qu’un vent de Nord-Ouest ait rencontré les Southern Alps, chaine montagneuse de l’ile du sud de la Nouvelle-Zélande.

Apres avoir sculpté quelques nuages arrondis l’onde continuera sa route pour échanger avec l’Océan Pacifique quelques molécules d’oxyde de dihydrogène, nourrissant leur éternel cycle et fournissant aux météorologues une source intarissable de travail.

Paradoxe reciproque

Ciel de CirrusEn l’air, la plus belle chose se présentant à mes yeux est la Terre, ce sol duquel on est si heureux de s’envoler depuis à peu près un siècle. Je ne la quitte presque pas du regard, et d’ailleurs pour le vol à vue c’est plutôt mieux.

A tous les autres instants, je me trouve sur la surface terrestre et je n’ai d’yeux que pour le ciel, ses créations nuageuses, son parfait bleu et ses avions.

A regarder en permanence vers le sol quand je suis dans le ciel et vers le ciel quand je suis au sol, je me dis que l’insatisfaction est profondément ancrée en mon être.

Mais au moins, j’ai de quoi m’occuper pour pas mal de temps !

 

A la recherche du ciel pur

L‘un des plaisirs des vols passés dans le cockpit d’un avion de ligne, c’est d’être ébloui.
Et oui, aux altitudes de croisière des appareils transportant les passagers, on se trouve dans une portion de l’atmosphère très pure et laissant au soleil la possibilité de briller vraiment fort.


Le ciel pur au-dessus de la brume

 

L’explication est simple. La couche atmosphérique en contact avec le sol contient les particules terrestres en suspension, telles que les poussières ou les particules liées aux pollutions diverses. Ces minuscules corps sont confinés dans une tranche plus ou moins épaisse selon les conditions météorologiques. Au sol, on ne s’en rend pas compte car aucune limite distincte n’est perceptive, on est effectivement plongés dans cette épaisseur qu’on appelle en aviation « la couche ». Mais dès que l’on passe au-dessus de la couche, on réalise que le ciel pur n’est pas si loin de la surface terrestre. Et à cet endroit la lumière du soleil est vraiment forte (ce qui justifie au passage l’attrait qu’ont les pilotes pour les lunettes de soleil) et le bleu du ciel vraiment très bleu.
Ce jour là, nous étions en conditions anticycloniques typiques pour notre continent. La couche était donc relativement peu épaisse et la densité de particules en conséquent assez élevée. Je me suis donc permis une croisière au-dessus de la brume, là où le ciel est pur. En plus, l’atmosphère est extrêmement calme dans cette zone. Autant de bonnes raisons pour y placer le trafic aérien régulier.
Bon, à l’approche de Paris, il faut retourner vers la réalité: Classe A à 1’500 pieds. Et attention il parait qu’il y a des Falcon 900 qui rôdent juste au-dessus …

Mon voisin le Cumulus

Voler au-dessus des cumulusL‘une des infranchissables frontières du pilote privé est la couche nuageuse présente pendant un vol.

Traverser les nuages implique la plupart du temps de se retrouver dans une situation où les deux références basiques du vol à vue (le sol et l’horizon) ne sont plus disponibles. On quitte alors les conditions du vol à vue (ou VFR pour Visual Flight Rules) pour celles du vol aux instruments (IFR, Instrument Flight Rules). Pour ceci il faut être pilote professionnel titulaire d’une qualification de vol aux instruments (l’IR, Instruments Rating) et entraîné selon la réglementation.

En bref, le passage des nuages est de manière générale inaccessible au pilote privé. Sauf quand la nébulosité est clémente, comme sur la photo où les nuages, très épars, permettent de conserver la vue du sol et de l’horizon même lorsque l’on se trouve au-dessus d’eux.
Lors de ce retour de Deauville, la limite supérieure de la couche se situait à environ 3500 pieds, je me suis donc permis de regarder les nuages de haut, enfin pas trop quand-même puisque de seulement 1000 pieds au-dessus.

C’est bien agréable d’admirer la face ensoleillée de ces moutons aériens. Encore une bonne raison de voler !

Toussus – Deauville – Toussus, 2h49.

Perceptions du passager

A travers le hublotPassager [n.m.] Personne transportée ne faisant pas partie de l’équipage.

Adapté au transport aérien, le rôle de passager est à mon sens l’un des meilleurs passe-temps que l’on puisse trouver. Contempler pendant des heures les nuages, villes ou champs défilant avec une lenteur trompeuse et oublier que l’on se trouve à 10km du sol à une vitesse pas si éloignée de celle du son. En voici une activité agréable !
En passager, la réalité est si lointaine que le mouvement est difficilement perceptible. Le hublot statique renvoyant une impression d’immobilité, c’est le monde qui se déplace derrière lui et non l’inverse. Ces quelques couches de verre laminé sont finalement bien plus qu’une simple fenêtre …

Ce jour-là, détendu et avec comme papier peint un bleu infini, j’en ai presque oublié qu’il y avait tout un équipage de pilotes, hôtesses et stewards travaillant dans ce Boeing 767 de Qantas. Il y a des métiers ingrats !

Melbourne – Sydney, 1h05.