Fluctus

Nouveau né parmi les nuages officiellement reconnus, le Fluctus a été ajouté en 2017 à l’Atlas International des Nuages alors qu’il avait été amendé pour la dernière fois en 1987.

Effectivement l’atmosphère ne change que très peu son comportement. Par contre notre regard sur certaines choses évolue, et certains phénomènes sont plus fréquemment visibles qu’avant. Le développement marqué du transport aérien et la présence massive d’appareils photos dans les avions ont notamment participé à recenser plus régulièrement ce type de nuage. Le voici donc baptisé et classifié parmi les autres.

Altocumulus Fluctus

L’origine du phénomène se conçoit assez simplement. Il est lié à une différence de vitesses de vents entre deux couches atmosphériques en contact.

Je ne l’observe pas très souvent, et il est assez éphémère en général. Quelques minutes environ. J’étais donc plutôt content d’ immortaliser celui-ci, qui plus est avec une lumière de fin de journée.

Orage Lyonnais

Là comme ça au milieu du mois de Janvier ce n’est pas vraiment la saison des gros orages de fin de journée, bien nourris à la chaleur du mois de Juillet. J’avais en stock cette photo que je trouve sympa alors je l’ai ressortie.

Thunderstorm inflight

Dans un article un peu plus ancien qui parlait du Cumulus Mediocris, j’évoquais la vie du Cumulus qui se développe jusqu’à un certain point. Sur la photo il a atteint son stade maximum : le Cumulonimbus. Il occupe quasiment toute l’épaisseur de la troposphère (c’est la couche d’atmosphère dans laquelle on vit, qui contient quasiment toute l’humidité en suspension) et se retrouve coincé par le dessus par la couche supérieure, la stratosphère. C’est ce que l’on distingue bien sur la partie haute du nuage, cet étalement qui semble généré par un plafond invisible.

Le monstre orageux mesure donc une petite douzaine de kilomètres de haut, il est chargé d’énergie sous forme de chaleur. Tout ceci mélangé offre, aux habitants de Lyon situés juste dessous, de belles quantités d’eau fraiche et d’air frais venant de très haut. Et quelques éclairs aussi.

La grosse tâche lumineuse est l’un de ces nombreux éclairs qui illuminent le nuage par l’intérieur. Quand il fait vraiment nuit d’ailleurs et qu’on ne distingue pas les nuages, on aperçoit les orages furtivement à chaque éclair. Ambiance mystique garantie. Et petits détours aussi. En altitude, on évite de voler à moins d’une cinquantaine de kilomètres d’une cellule orageuse afin d’en éviter les phénomènes dangereux (turbulences, grêle, givrage intense notamment) qu’elles offrent.

Velotaf Vers l’Aéroport

Je prends beaucoup de plaisir à partir très tôt sur mon vélo vers l’aéroport pour aller travailler. Quand il est 4 ou 5h le matin, pédaler met le corps en mouvement et me permet de me sentir bien en forme à des heures où on n’est pas forcément programmé pour l’être. C’est un peu une caféine avec un guidon et deux roues.
Vélo sur la digue de Garonne
Autre bel avantage à pédaler vers l’avion : on respire au grand air les éléments du jour tels qu’ils sont. Tout à l’heure bien emmitouflé dans ma veste d’hiver le brouillard était plutôt dense, légèrement givrant, et sur la digue de la Garonne un très léger vent de Sud-Est me poussait vers l’aéroport. Ce sont des indices utiles pour apprécier les conditions dans lesquelles on va effectuer notre décollage 1h30 plus tard. Ce sont des indices utiles qui me signalent que j’aurais mieux fait de mettre mes gants en partant.
L’un des traits du métier de pilote de ligne est la « Conscience de la situation ». L’expression semble très générale mais elle définit bien un aspect important de la profession, consistant à apprécier le contexte dans lequel on évolue à chaque instant. Qu’il soit technique, commercial, météorologique ou autre. Cette prise de conscience de la situation débute le matin en regardant dehors, en route vers l’aéroport ou en se gelant les mains sur son vélo.
Maison – Aéroport de Blagnac : 0h22

Des vagues en l’air

Nuage d'onde orographiqueL’atmosphère, quelquefois, se fait rattraper par des envies d’océan enfouies dans son subconscient. Alors notre air protecteur se met à créer d’invisibles vagues.

Cette onde, il la crée en s’aidant de chaines montagneuses qu’il souffle avec un vent perpendiculaire à leurs lignes de crêtes. Percutant cet obstacle terrestre, l’air en mouvement se retrouve ensuite à décrire des vagues aériennes, nous rappelant qu’il est avant tout un fluide.
Cette frénésie d’ascensions et de descentes successives demeurent parfois invisibles à l’œil humain, et peuvent ainsi occasionner quelque risque aéronautique. Le phénomène, quelquefois très puissant comme à l’Est de la cordillère des Andes par un vent de l’Ouest, est en effet capable de générer de sévères turbulences. A l’opposé, il peut ravir quelques vélivoles tentés par des ascensions hors du commun à l’aide de cette onde orographique.
Mais si les conditions le permettent, les vagues se matérialisent en leurs sommets et en leurs creux. C’est ici un creux qui se révèle sous forme d’un rotor nuageux, après qu’un vent de Nord-Ouest ait rencontré les Southern Alps, chaine montagneuse de l’ile du sud de la Nouvelle-Zélande.

Apres avoir sculpté quelques nuages arrondis l’onde continuera sa route pour échanger avec l’Océan Pacifique quelques molécules d’oxyde de dihydrogène, nourrissant leur éternel cycle et fournissant aux météorologues une source intarissable de travail.

Tour de Bretagne Acte II

Le deuxième jour du voyage était sensé nous emmener de Morlaix à Quiberon en passant par l’extrémité Ouest de la pointe Bretonne puis par Brest pour rejoindre la côte Sud que nous devions longer jusqu’à la presqu’île. En bref, faire le tour de la péninsule.

Manche a air de MorlaixMais ce jour là, le climat Breton en a décidé autrement. La perturbation arrivée quelques minutes après notre atterrissage la veille sévissait encore le matin, nous empêchant de quitter Morlaix. Après une étude des conditions météo, quelques passages à la tour de contrôle et plusieurs heures d’attente, le nouveau projet est clair : la situation est trop mauvaise vers l’Ouest et il fait beau au Sud, nous couperons donc directement par les terres entre Morlaix et Quiberon.

Le vent est encore soutenu à 14h peu avant notre départ comme l’indique la manche à air : 22 noeuds (41 km/h) établis, 26 noeuds (48 km/h) en rafales. Cependant le vent est quasi-parfaitement dans l’axe de la piste et très régulier, ne présentant donc pas de risque particulier à part celui de ne pas avancer très vite une fois en vol … avec 5h de carburant pour 1h de vol prévue, ça devrait quand même aller.

Arrivée au-dessus de la presqu'ile de QuiberonAprès une traversée campagnarde fortement perturbée par le contrôle de l’aéroport de Lorient, nous voicis en vue de la prequ’île de Quiberon avec un temps superbe, quel changement ! Et quelle sublime récompense !

Nous nous poserons ensuite quelques minutes sur l’aérodrome pour emmener nos hôtes du soir autour de Belle-Ile et de Quiberon, puis c’est la fin de cette seconde journée, riche en réflexion, doutes et remises en questions.

Morlaix – Quiberon – Belle-Ile – Quiberon, 2h00.

L’instable Cumulus Mediocris

Photo de nuage Cumulus MediocrisEn avion, on est toujours un peu plus proche des nuages et à les cottoyer je finis par les apprécier. Ces gros amas de goutelettes d’eau condensée sont en effet d’excellents indicateurs visuels de l’état de l’atmosphère, ce terrain de jeu si vaste mais si changeant.

Le Cumulus est un nuage aux multiples facettes. Il peut aussi bien être synonyme de très beau temps, par son état Humilis, que de la pire des situations, l’orage, en version Cumulonimbus.

L’individu photographié ici est un Cumulus Mediocris, c’est à dire qu’il présente des caractéristiques de développement vertical, d’où son allure de choux-fleur sur le dessus. La situation est en effet médiocre puisque, selon ses ambitions et les ressources dont il dispose, il pourrait bien aller jusqu’à se transformer en Congestus pour aboutir à l’apogée de sa carrière à un gigantesque Cumulonimbus.

Pour l’instant, le brouillard nous bloque par terre, donc pas de risque de Cumulonimbus !