Le principe du bureau mobile

Vue du bureau mobileHabituellement on qualifie de bureau une pièce fixe dans l’espace, si possible dotée d’une fenêtre à travers laquelle nos pensées sont amenées à s’égarer.

Lors de mon premier stage d’étudiant ingénieur chez Air France, ma fenêtre donnait directement sur un taxiway (passage où les appareils roulent au sol, suivant une ligne centrale jaune) très emprunté de la plateforme de Roissy Charles-de-Gaulle. Les possibilités d’égarement étaient nombreuses et très régulières, ce qui a franchement égayé ces quelques mois de bureau.

Aujourd’hui la tendance est enfin inversée, et devrait le rester pour un moment. Me voilà en effet dans un bureau paradoxal ! Celui-ci est également équipé d’une fenêtre à égarements, mais derrière cet orifice lumineux c’est le monde qui défile. J’ai donc quitté la fixité du bureau classique pour rejoindre la mobilité permanente du navigant.

C’est superbe ce qui passe derrière cette fenêtre ! Et dire que dans le cockpit la vue panoramique est encore plus belle …

Il n’y a pas que des pilotes dans les avions

On l’oublie trop souvent, mais un équipage comprend environ deux pilotes, et deux à sept fois plus de PNC, Personnel Navigant Commercial, c’est à dire hôtesses et stewards.

Approche de Naples par le hublot du galley

Parce-que dans le transport aérien ce qui compte c’est le passager, il est important que tout soit fait pour que celui-ci voyage dans une cabine confortable dans des conditions de sécurité optimales.

Le PNC a donc un rôle capital dans le déroulement d’un vol, et par chance son métier lui offre aussi des privilèges indiscutables.
A mes yeux d’aspirant pilote de ligne, le premier de ces avantages est la proximité du poste de pilotage. Pouvoir chaque jour discuter, poser des questions, observer et écouter les expériences de pilotes professionnels en activité est une magnifique opportunité que ce métier de PNC est probablement l’un des seuls à offrir.
Quand je serai enfermé à l’avant de la porte blindée du cockpit, je n’oublierai pas non plus les contraintes subies par le PNC. Ils font en effet face à des situations souvent délicates qu’il faut dénouer avec des passagers aux humeurs variables… Sur ce point, une expérience de PNC avant de devenir pilote de ligne devrait presque être imposée afin d’avoir conscience des problèmes rencontrés en cabine face au passagers.
Et puis le métier de PNC offre des vues sur des paysages magnifiques à tavers le minuscule hublot des galleys, telle cette vue sur les reliefs du sud de l’Italie en approchant l’aéroport de Naples par un bel après-midi de Février.

En bref, être PNC est la situation idéale pour se rapprocher des postes de pilotages, et ceci dans des conditions plutôt agréables.

Mais bon, ce qui me gêne c’est la taille des hublots… la vue panoramique ce sera quand même bien mieux pour les photos !

Perceptions du passager

A travers le hublotPassager [n.m.] Personne transportée ne faisant pas partie de l’équipage.

Adapté au transport aérien, le rôle de passager est à mon sens l’un des meilleurs passe-temps que l’on puisse trouver. Contempler pendant des heures les nuages, villes ou champs défilant avec une lenteur trompeuse et oublier que l’on se trouve à 10km du sol à une vitesse pas si éloignée de celle du son. En voici une activité agréable !
En passager, la réalité est si lointaine que le mouvement est difficilement perceptible. Le hublot statique renvoyant une impression d’immobilité, c’est le monde qui se déplace derrière lui et non l’inverse. Ces quelques couches de verre laminé sont finalement bien plus qu’une simple fenêtre …

Ce jour-là, détendu et avec comme papier peint un bleu infini, j’en ai presque oublié qu’il y avait tout un équipage de pilotes, hôtesses et stewards travaillant dans ce Boeing 767 de Qantas. Il y a des métiers ingrats !

Melbourne – Sydney, 1h05.

Cote hublot s’il vous plait

Les meilleurs sièges à bord d’un avion sont côté hublot ! Cette photo en constitue une preuve formelle.

Cote hublot s'il vous plait 

Comme pas mal de rêveurs, je reste les yeux rivés à l’extérieur quand j’ai la chance d’avoir un « window seat ». Et le meilleur cadeau, c’est d’apercevoir un avion, ailleurs, dans le ciel.
Pourtant, rien de très excitant finalement. Le croisement est tellement rapide que ce petit traffic, quelques milliers de pieds plus bas, reste pour notre oeil un point avec un gros trait blanc derrière. Mais ce point d’une trentaine de tonnes a deux ailes et il vole ! Ca change tout …

Et voilà, encore une traînée de condensation qui va masquer le soleil et participer au refroidissement de l’Angleterre. Toutes nos excuses !