Brouillard

Définition :
Le brouillard est la suspension dans l’atmosphère de très petites gouttelettes d’eau réduisant la visibilité au sol à moins d’un kilomètre. (Source et article très complet : http://www.meteofrance.fr/prevoir-le-temps/phenomenes-meteo/le-brouillard)

Le brouillard est contraignant en voiture. Il l’est un peu moins à vélo et un peu plus en avion. Le lien entre tout les trois ? Les vitesses en jeu et donc le temps disponible devant soi pour réagir à un imprévu.

Ce matin sur mon vélo de facteur d’occasion (voir l’épisode précédent) la visibilité dans le brouillard était d’environ 450 mètres. Un peu de calcul scientifique plus tard, on obtient un temps de parcours pour ces 450m en fonction de son moyen de transport :
À vélo (20 Km/h) : 1min 21s
En voiture (90 Km/h) : 18s
Au décollage en avion (220 Km/h) : 7s

Conclusion : si une vache s’est endormie sur mon chemin, je pourrai l’éviter ou m’arrêter facilement avant elle si je suis à vélo. En voiture probablement aussi. En avion non.

Fog and Airbus

Ceci explique pourquoi le brouillard est une menace particulière sur un aéroport. Dans la réalité sur les gros aéroports modernes la vache en tant qu’obstacle est très peu crédible. Mais le principe est là. On comprend la nécessité d’établir un environnement contrôlé et maîtrisé afin de conserver les pistes libres de tout véhicule ou aéronef et de fournir un guidage optimal aux avions pour qu’ils trouvent leur zone d’atterrissage quasiment à l’aveugle.
Les procédures faible visibilité (le terme commun est LVP, Low Visibility Procedures en anglais) sont là pour garantir ces aspects. Elles ont trois acteurs, et chacun doit être qualifié : l’aéroport, l’avion et l’équipage.
L’aéroport doit être par exemple doté d’un système ILS de grande précision pour permettre aux avions de suivre un axe et un plan qui les mènera vers une zone très précise d’atterrissage. Il doit aussi comporter un balisage lumineux spécifique au sol pour que les avions puissent cheminer entre les pistes et les parkings. Ça paraît bête, mais ce n’est pas évident (voir la photo).
L’avion doit notamment être équipé de systèmes de haute précision et redondants : la panne d’un système entraîne la prise de relai par un autre.
L’équipage doit être entraîné au simulateur à ces opérations et au comportement à tenir selon les pannes de systèmes de l’avion ou de l’aéroport.

Conséquence de ces opérations délicates : comme dans le brouillard sur l’autoroute, on prend plus de marges que d’habitude, donc tout va moins vite, donc souvent sur des horaires serrés on génère du retard.

Velotaf Vers l’Aéroport

Je prends beaucoup de plaisir à partir très tôt sur mon vélo vers l’aéroport pour aller travailler. Quand il est 4 ou 5h le matin, pédaler met le corps en mouvement et me permet de me sentir bien en forme à des heures où on n’est pas forcément programmé pour l’être. C’est un peu une caféine avec un guidon et deux roues.
Vélo sur la digue de Garonne
Autre bel avantage à pédaler vers l’avion : on respire au grand air les éléments du jour tels qu’ils sont. Tout à l’heure bien emmitouflé dans ma veste d’hiver le brouillard était plutôt dense, légèrement givrant, et sur la digue de la Garonne un très léger vent de Sud-Est me poussait vers l’aéroport. Ce sont des indices utiles pour apprécier les conditions dans lesquelles on va effectuer notre décollage 1h30 plus tard. Ce sont des indices utiles qui me signalent que j’aurais mieux fait de mettre mes gants en partant.
L’un des traits du métier de pilote de ligne est la « Conscience de la situation ». L’expression semble très générale mais elle définit bien un aspect important de la profession, consistant à apprécier le contexte dans lequel on évolue à chaque instant. Qu’il soit technique, commercial, météorologique ou autre. Cette prise de conscience de la situation débute le matin en regardant dehors, en route vers l’aéroport ou en se gelant les mains sur son vélo.
Maison – Aéroport de Blagnac : 0h22

Crise et évolution

Corsair F4U à la Ferté AlaisL‘homme a une tendance marquée à évoluer beaucoup plus rapidement en période de crise. Durant la seconde guerre mondiale, l’industrie aéronautique a ainsi réalisé un gigantesque bon en avant.

Au cours de ces années hostiles, des avancées techniques fulgurantes furent effectuées, et ce qui fut utilisé pour tuer évolua ensuite pour trouver des applications fort intéressantes dans nos vies modernes. Le réacteur notamment, équipant la quasi-totalité de nos avions de lignes, trouva ses racines autour de quelques avions conçus vers la fin du conflit de 39-45.

Cette photographie montre l’une des merveilles techniques de cette période, le Corsair. Il fut un chasseur redoutable, doté d’un moteur à pistons de 2000cv et d’une voilure atypique en « ailes de mouettes inversées ».

Comme d’autres secteurs, le transport aérien a largement bénéficié des investissements massifs réalisés à l’époque pour le développement de nos machines volantes. Presque 70 ans plus tard, les avions ont été largement modernisés mais les concepts de base restent les mêmes.

Espérons que la prochaine révolution technologique pour l’aéronautique ne trouve pas sa source dans un conflit.

Aeronautique et environnement

Révolution aéronautique, le défi de l'environnementAux yeux du grand public l’aéronautique est perçu comme un secteur très polluant en terme de rejets de gaz à effet de serre, de génération de bruit, de problèmes liés aux traînées de condensation et autres effets divers.

Un excellent livre sur le sujet de l’aéronautique, et du transport aérien face au développement durable ou plutôt « soutenable » vient d’être publié aux éditions Pearson : « Révolution aéronautique, le défi de l’environnement » par Yves Galland et Gil Roy.
L’ouvrage, facile à lire et exposant un ensemble de faits et d’études en cours, traite des changement du secteur aéronautique dans son ensemble : conception et production d’appareils, exploitation, recyclage et destruction mais aussi gestion du trafic aérien.

En bref, ce livre est un concentré d’informations précieuses sur les avancées de ce secteur relativement jeune et les évolutions à venir.

Ce que j’en retiens particulièrement, c’est que le secteur du transport aérien sait remarquablement bien s’adapter à son environnement. D’autre part, malgré l’énorme inertie caractérisant l’activité due entre autres à un profond souci de sécurité, les évolutions sont nombreuses, permanentes et avec des résultats très encourageants.

L’aviation propre et silencieuse est plus que jamais en marche !